Magazine culturel lorrain, l'Estrade de septembre vient de sortir ! Le mensuel est à retrouver en cliquant sur la vignette ci-dessous :

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Bernard Mouchot, citoyen castelsalinois, a décidé d'écrire au Préfet de la Moselle pour tenter d'éviter l'installation entre Marsal et Haraucourt de l'unité de méthanisation dont on a longuement parlé sur Grain de sel.

Un texte à lire dans son intégralité ci-dessous :

LETTRE OUVERTE à Mr le PRÉFET DE MOSELLE

Monsieur le Préfet.

Vous allez devoir autoriser ou non 23 agriculteurs du Saulnois à construire un gigantesque mèthaniseur qui doit remplacer la pollution de la nappe phréatique par une pollution bien plus pénalisante pour les hommes, l'environnement et l'histoire.

L'enquête publique n'a rien trouvé à redire à un projet qui défie pourtant le bon sens.

Rassembler en un seul endroit les excréments de 23 troupeaux soit près de 1000 bêtes est déjà discutable, mais la méthanisation est à la mode, alors méthanisons !.

Il faut imaginer ce que représente le transport et le stockage de ces matières qu'elles soient solides ou liquides. L'ayant compris, nos voisins Allemands, ne construisent désormais plus que de petites unités, le plus souvent à la ferme.
Mais, et c'est là que le projet défie l'entendement et le bon sens, avoir imaginé cette usine si particulière, à proximité immédiate du village de Marsal dans un site historique à plus d'un titre, parait tout simplement de la provocation_
Il est logique de penser en priorité aux nuisances en tout genre pour les populations qui vivent paisiblement dans un village pittoresque et chargé d'histoire :
— la collégiale Saint Léger, les fortifications de Vauban, les rues implantées en rond, le musée départemental du sel.
— mais aussi et surtout la présence de fouilles archéologiques démontrent la présence de vestiges d'un ensemble de production de sel datant de l'âge de fer (700 ans avant J-C), les fouilles 2017 ont encore mis à jour des trésors uniques en Europe.
Alors, pourquoi avoir choisi un tel endroit qui concentre autant d'inconvénients'
Certes, le terrain en question appartient à l'un des 23, mais aussi, et surtout, il jouxte la D38 et à hauteur de Marsal, passe le gazoduc alimentant le stockage de Cerville.
Si le méthaniseur produit généralement de l'électricité, il peut aussi produire du gaz, ce qui permet de démultiplier les gains.
Sourds et hermétiques à toute considération, nos 23 ont donc décidé contre les habitants, contre l'environnement et l'histoire, d'imposer la solution la plus rentable pour eux, alors qu'il existe d'autres possibilités.
Voilà, Monsieur le Préfet, ce que le modeste citoyen que je suis souhaite porter à votre connaissance, avec d'autant plus de crédibilité, que je ne suis pas directement touché par ce projet.
Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, à l'expression de mes respectueuses salutations.

Bernard Mouchot.

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Rebelote ! Le Conseil Départemental et sa politique culturelle calamiteuse sont à nouveau montrés du doigt ! Cette fois-ci c'est dans la presse nationale qu'un site Moselle passion est sévèrement jugé. Le Figaro n'est pas tendre dans son édition du 18 août avec le musée Georges de la Tour et son exposition Autour de Brancusi qui s'achève d'ailleurs dans quelques jours.

Après avoir évoqué le chef d'oeuvre "absolu" du maître du clair-obscur, Saint-jean Baptiste dans le désert, fleuron du musée vicois, le journaliste du Figaro, Eric Bietry-Rivière aborde l'expo temporaire du moment en ces termes : "Cette saison, la seule exposition notable, la seule susceptible de séduire au delà de l'échelon local, concerne le sculpteur moderne Constantin Brancusi. Un grand nom, un grand artiste. Mais ce qui est montré est très chiche. On ne voit que trois de ses oeuvres. Elles côtoient un buste de Rodin, dont Brancusi fut l'élève, et un autre de Modigliani. 

L'évènement n'attire que peu de monde. Il est vrai que les moyens financiers et humains ne sont plus là. Crise oblige, les musées départementaux de Moselle ont dû être mutualisés. Celui de Vic n'a plus de Directeur conservateur mais un simple "chef de site". Il ferme désormais deux mois l'hiver. En 2016, le site Internet spécialisé la Tribune de l'Art s'était même fait l'écho de rumeurs de démantèlement. Serge Lemoine, vice-président de l'association des amis de Jacques Thuillier et directeur de la publication aux éditions Faton, avait alors rappelé que "la collection Thuillier a été donnée au musée. S'il devait fermer ou le bâtiment abriter autre chose, la donation serait annulée."

Camouflet supplémentaire pour les services culturels, on n'évoque même pas l'artiste au centre de cette exposition qui présente plus de 40 oeuvres, Rémus Botar ! 

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Chercheurs, historiens, scientifiques, écrivains, philosophes, cinéastes, anthropologues du monde entier se joignent aux centaines de citoyens qui ont signé la pétition contre la fermeture du musée départemental du sel de Marsal. Près d'un millier de personnes s"insurge contre cette décision inique qui pénalise le monde culturel et le territoire du Saulnois. 

En pleine saison touristique et face au gâchis symbolisé par ces portes closes et ces banderoles posées récemment par le Département qui évoque une réouverture pour 2018, la liste des personnalités et leur fonction publiée ci-dessous en dit long sur l'importance que revêt ce musée du sel au niveau national et international.

Aux dernières nouvelles, un comité de pilotage devrait être mis en place prochainement pour imaginer l'avenir du musée et sa nouvelle muséographie.  

Pour signer la pétition, cliquez ici

Les personnalités qui soutiennent le musée du sel de Marsal : 

En France :
BARAY Luc, directeur de recherche au CNRS, spécialiste de la société gauloise.
BARRAL Philippe, professeur d’archéologie du monde celtique à l’université de Franche-Comté, spécialiste des relations sociétés-environnements.
BURNOUF Joëlle, professeur d’archéologie médiévale à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, spécialiste des relations sociétés-environnements.
COLARDELLE Michel, conservateur général du Patrimoine, ancien conseiller pour les musées du ministre de la culture, Jack Lang.
DAIRE Marie-Yvane, directrice de recherche au CNRS, spécialiste de l’archéologie du sel des pays atlantiques.
DUBOIS Michel, professeur de géologie à l'université de Lille 1.
GINOUX Nathalie, professeur d’histoire de l’Art à l’université de Paris IV, spécialiste de l’Art celtique.
GRATUZE Bernard, directeur de recherche au CNRS, directeur de l’Institut de Recherches sur les Matériaux anciens d’Orléans.
GUILLAUMET Jean-Paul, directeur de recherche au CNRS, co-fondateur du centre de recherche archéologique européen de Bibracte.
HOCQUET Jean-Claude, professeur à l’université de Lille, spécialiste de l’histoire du sel.
KRAUSZ Sophie, professeur d’archéologie à l’université de Bordeaux, spécialiste de la civilisation gauloise.
LASZLO Pierre, professeur à l’École Polytechnique, spécialiste mondial de la chimie du sel.
LEROY Philippe, Sénateur de la Moselle, ancien président du Conseil général de la Moselle.
POTIN Yann, archiviste aux Archives nationales de France, spécialiste de l’histoire de la Préhistoire française.
PRIEUR Jérôme, écrivain, cinéaste.
PRILAUX Gilles, archéologue, spécialiste de l’archéologie du sel dans le Nord de la France.
PROKHORIS Sabine, philosophe et psychanalyste.
ROUZEAU Nicolas, archéologue, spécialiste de l’archéologie du sel dans l’Ouest de la France.
ROSALES Jonas, écrivain, cinéaste, auteur de L’énigme de la tombe celte de Lavau, diffusée sur ARTE.
WATTEAUX Magali, Maître de conférences en histoire et archéologie médiévale à l’université de Rennes II, spécialiste de l’archéologie du paysage.
WIRTH Stephan, professeur de Protohistoire à l’université de Bourgogne, spécialiste de l’identité culturelle des premiers celtes. 

À l’étranger :
BRANCH Nicholas, professeur à l’université de Reading (Grande-Bretagne), spécialiste de l’étude des paléo-environnements européens.
BROWN Ian, Professeur d’anthropologie à l’université d’Alabama (USA), spécialiste de l’archéologie du sel aux Amériques.
COUDART Anick, directrice de recherche au CNRS, professeur associé à l’université d’Arizona (USA), spécialiste d’ethnoarchéologie.
FRIES-KNOBLACH Janine, archéologue, spécialiste de l’archéologie du sel en Allemagne.
KOWARIK Kerstin, archéologue au département de Préhistoire du Muséum d’Histoire naturelle de Vienne, spécialiste des mines de sel préhistoriques de Hallstatt (Autriche).
GONZALES-RUIBAL Alfredo, membre du Conseil espagnol de la Recherche sur le Patrimoine, spécialiste mondial de l’archéologie rurale européenne (Espagne).
HARDING Anthony, professeur d’archéologie à l’université d’Exceter (Grande-Bretagne), spécialiste mondial de l’archéologie du sel.
PENG Peng, chercheur à l’université de Princeton (USA), spécialiste de l’archéologie du sel en Chine.
PERNET Lionel, conservateur du musée archéologique de Lausanne (Suisse), spécialiste d’archéologie gauloise.
SCHLÜCK Michel, président de Lorraine-Québec, vice-président de France-Québec
VON FALKENHAUSEN Lothar, professeur à l’université de Berkeley (USA), spécialiste mondial d’archéologie et d’histoire de l’Art de la Chine.

 

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Un mois presque jour pour jour après son élection, Fabien Di Filippo, le Député de notre 4ème circonscription de la Moselle a reçu Grain de sel pour une petite visite de son lieu de travail parisien à l'Assemblée Nationale. Une belle occasion de découvrir l'environnement dans lequel évolue notre jeune parlementaire et de comprendre plus en détail le fonctionnement de nos institutions.

Fabien Di Filippo nous attendait donc rue de l'Université, à l'accueil du public, pour nous servir de guide dans les couloirs et les salles de cet endroit emblématique de la République.depute4

Passé les contrôles d'identité très strictes, nous avons découvert les salles de réunion des groupes politiques, l'exceptionnelle et prestigieuse bibliothèque, la poste, la boutique, la fameuse salle des quatre colonnes lieu de rencontre entre les députés et les journalistes et bien sûr l'hémicycle où siègent les 577 représentants du peuple lorsqu'ils débattent et votent les lois. 

A 15h d'ailleurs, dans cette salle, avaient lieu les questions au gouvernement. Une séance exceptionnelle à laquelle assiste la quasi totalité des Députés. Une quinzaine de questions posées par des parlementaires inscrits par leurs groupes respectifs aux ministres présents aux premiers rangs qui répondent en direct à la réprésentation nationale.

Mercredi, les sujets abordés évoquèrent la démission du Chef d'état Major Pierre De Villiers, les inscriptions problématiques des bacheliers à l'Université, la situation dramatique des agriculteurs producteurs de lait et les difficultés des collectivités territoriales en milieu rural.

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A cette occasion d'ailleurs, Fabien Di Filippo n'était pas le dernier à  interpeller bruyament les ministres ou les députés de La République En Marche afin de montrer son mécontentement à une politique que son groupe des Républicains semble combattre avec vigueur en ce début de mandature. depute1

Pas impressionné le moins du monde par les ors de la république, à 31 ans, le Député mosellan affirme qu'il faut faire abstraction de cet environnement très particulier entre protocole presque monarchique et pression médiatique omniprésente. Lui affirme qu'il est là pour défendre son territoire rural avec ses collègues des Républicains très bien élus dans les campagnes. 

D'ailleurs lorsqu'on se retrouve dans son bureau situé de l'autre côté de la rue la magie retombe vite. Un petit espace d'une vingtaine de mètres carré à peine, pas encore aménagé où il peut travailler avec son attachée parlementaire récemment choisie ne colle pas vraiment avec le faste du palais Bourbon. Fabien Di Filippo dort dans un hôtel près de Monparnasse à quatre stations de métro de l'Assemblée du lundi au jeudi jusqu'au 11 août, date de fin de la session parlementaire extraordinaire. 

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Depuis un mois la journée du député se déroule ainsi :

8h : réunion de groupe ou rendez-vous

9h30 : travail en commission des affaires économiques 

10h45 : réunion de groupe ou rendez-vous

15h-20h : séance publique 

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20h-21h30 : interruption pour le dîner

21h30-1h : reprise de la séance

 

Enfin avant de quitter Fabien Di Filippo, et comme il défend avec ardeur les territoire ruraux, on ne pouvait pas manquer d'évoquer avec lui la problématique des musées départementaux du Saulnois et notamment la fermeture du musée du sel de Marsal.

Le Député de notre circonscription est attentif à ce qui se passe dans le Saulnois et même si le musée dépend du Département, c'est un drame pour lui que cet espace culturel soit fermé. Il faut donc trouver une solution et effectuer les travaux pour qu'on rouvre le plus rapidement le musée. En tous les cas, il se tient à la disposition des uns et des autres pour tenter de régler un problème vécu cruellement sur son territoire.