maire1De notre correspondant à Paris

Ils le clament haut et fort depuis plusieurs mois, de nombreux élus du Saulnois sont en colère contre la réforme territoriale NOTRe.

Craignant de perdre leurs principales prérogatives, certains avaient déjà posé des crêpes noirs sur le panneau à l'entrée de leur commune. 

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Hier, quarante-cinq d'entre eux sont allés montrer leur mécontentement dans la capitale rejoignant ainsi un millier de collègues venus de tout le pays.

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Encadrés par une centaine de policiers, les édiles n'ont pas pu faire trembler la République. Ils ont tout de même obtenu, pour un représentant, un entretien avec le Président de l'Assemblée Nationale Claude Bartolone et la Ministre de la Décentralisation Marylise Lebranchu. 

 

 

hopitalLa grave crise qui touche le secteur hospitalier dans notre pays touche le Saulnois également. On l'a vu récemment dans le domaine psychiatrique où les restructurations, les réductions budgétaires ont des conséquences importantes pour la qualité des soins aux patients et pour le personnel médical. La lutte des employés à Lorquin se poursuit. 

On le voit également pour les établissements "traditionnels" comme l'hôpital Saint-Jacques à Dieuze où là aussi la situation semble grave. 

C'est ce que disent les représentants du personnel qui alertent de façon solennelle les 128 maires du Saulnois dans une lettre ouverte que nous reproduisons ci-dessous : 

 

Dieuze le 18 juin 2015

Lettre ouverte à mesdames et messieurs les maires du Saulnois.


Madame, Monsieur le Maire,

Par ce courrier, nous souhaitons vous alerter sur les menaces qui pèsent sur votre établissement de santé de proximité, sachant que nous sommes à plus de 30 minutes d'un centre hospitalier, que la proximité familiale est un facteur important dans les prises en charge.
Menaces sur les capacités d'accueil de l'hôpital autour de suppression de lits de médecine, mettant ainsi en péril la pérennité de l'hôpital, sachant que d'autres réorganisations à la baisse sont dans les tiroirs.

Des incertitudes planent encore sur nos orientations et projets de développement:
Reconnaissance de lits de soins palliatifs, avenir des lits de médecine et d'un service d'hospitalisation à domicile et consultations de télémédecine pour l'Hôpital, reconnaissance du service « autiste » et de ses déploiements sur le Service d’Education Spéciale et de Soins A Domicile et l'Institut Médico Educatif, et les impacts sur les organisations qui sont censées y répondre.

Cela ne manquera pas d'impacter au rabais la qualité des réponses aux besoins des populations, des nôtres et de celles de nos familles, et de réduire les propositions d'emploi sur le secteur:
Concernant la qualité: peut-on répondre en Maison de Retraite ( EHPAD) ou à l'hôpital aux besoins des personnes de la bonne manière quand on réduit d'un quart d'heure par poste le temps de travail, le Conseil Général demande de ne pas remplacer les absences du personnel?
Quelles tâches les agents vont-ils devoir supprimer, quels glissements de tâches vont-ils devoir opérer et dans quel état de stress vont-ils exercer?
Des menaces sur l'emploi planent aujourd'hui les services hôteliers (ménage,...), et le service éducatif de l'IME, mais d'autres « réorganisations » sont déjà annoncées.
Sur l'IME, c'est la cohérence des accompagnements des enfants qui nous sont confiés, tant sur le plan scolaire, thérapeutique qu'éducatif qui nous interroge et nous inquiète.
Après avoir apuré au cours des années précédentes les possibilité d'économies sur le fonctionnement des services, notre direction vient maintenant tenter de récupérer sur le dos des salariés les moyens auxquels les tutelles ne veulent plus répondre ( réduction de RTT, non remplacement des départs en retraite, etc...)

Dans ce contexte qui sera garant de la qualité de prise en charge ?
Notre directeur privilégie une vision gestionnaire de cette question, s'éloignant ainsi des réalités locales concernant les pratiques de soins, les besoins des habitants et ceux des enfants à l'IME.
En fonction de la place qui est la sienne, nous savons que sa marge de manœuvre est dictée par la politique de restriction budgétaire et hospitalo-centriste de l'Agence Régionale de Santé, elle même dictée par le cadre législatif de réduction du déficit de la sécurité sociale, par les lois spécifiques au monde hospitalier, la nouvelle gouvernance, la loi « Hôpital, patient, santé, et territoire » et par la loi actuellement en discussion sur la réorganisation territoriale du champ sanitaire et médico-social.


Ne croyez pas que nous sommes opposés aux changements. Pas du tout. Nous avons, depuis quatre ans maintenant, fait la demande d'une réorganisation plus apte à répondre aux besoins des enfants accueillis à l'IME.
Nous sommes prêts à participer aux transformations de nos services pour une meilleure qualité de soins, mais pas dans le cadre actuel qui est imposé et qui, de fait fige et empêche tout dialogue.

Nous respectons la fonction de notre directeur, celle du directeur de l'Agence Régionale de Santé.
Nous respectons la loi.
Nous contestons les méthodes employées et défendons les exigences de qualité de prise en charge qui correspondent à nos valeurs de soignants et qui font notre satisfaction du travail bien fait.

Le climat de tension, de stress lié à la conduite de ces changements n'est plus supportable.
Les agents comme leurs cadres oscillant entre déprime, burn-out, fuite ou colère, cherchent leurs repères pour préserver une qualité de service rendu aux personnes qu'ils soignent ou accompagnent, quand le seul critère d'urgence qui guide les orientations de notre direction semble être celui de l'économie sur le budget du personnel.
Concernant l'IME, le départ (fuite) volontaire d'une quinzaine d'agents et leur renouvellement crée un contexte difficile pour la rentrée de septembre. Une majorité d’enseignants s’inscrit au mouvement pour ne plus travailler dans de si mauvaises conditions. Ajouté à cela une réorganisation menée tambour battant, non encore validée par les instances et largement questionnée par les professionnels quand à sa capacité à répondre valablement à l'accompagnement de qualité des enfants, vous pouvez ressentir le climat qui y règne actuellement.

Nous revendiquons une réelle concertation de tous les acteurs de terrains et notamment des partenaires sociaux sur les solutions envisagées, l'intégration dans les réflexions des besoins spécifiques aux populations accueillies, des outils, des organisations nécessaires et suffisantes et de leur mise en place.
Nous souhaitons un accompagnement de professionnels extérieurs, garants des repères pratiques, stables et non pas seulement financiers pour ces réorganisations.

Nous exigeons la finalisation de la réflexion sur les nouvelles organisations et les outils nécessaires avant leur mise en place. Les personnels, les personnes accueillies, les enfants ne peuvent servir de laboratoire d'essais. Nous avons pu au cours de cette année passée en mesurer les effets néfastes.

Nous attendons les réponses positives de l'ARS concernant le maintien des lits de médecine, la reconnaissance des lits de soins palliatifs et des projets de développement à l'hôpital, celle de l'accueil d'enfants autistes et des projets qui en découlent pour l'IME.

Pour défendre tout cela, nous avons besoin de votre soutien, de celui de vos conseillers et de la population qui ainsi pourra ou non continuer de bénéficier d'une prise en charge de qualité dans notre établissement.

Pour cela nous avons l'honneur de vous convier à un rassemblement dans la cour de l'hôpital ce jeudi 25 juin à 10 heures.

En vous espérant nombreux, dévoués comme nous à servir la cause hospitalière,
veuillez accepter, madame, monsieur le maire, l’expression de nos meilleures salutations,

Les représentants du personnel

ficoOn a présenté récemment sur Grain de sel le courrier adressé par Fernand Lormant, Conseiller départemental du Saulnois et maire de Dieuze au Président de la République. Nos Parlementaires Philippe Leroy et Alain Marty ont interpellé également le pouvoir pour tenter d'alerter l'Etat sur l'inquiétante situation économique de l'entreprise fabricant des rétroviseurs pour le groupe PSA. 

Rappelons que le groupe PSA dont l'Etat est actionnaire  a transféré ses commandes de rétroviseurs en Pologne au détriment de l'entreprise dieuzoise.

Le Syndicat CGT Metallurgie de Dieuze se bouge également et a récemment rencontré le Sénateur Philippe Leroy. Il s'est adressé aussi directement à François Hollande.

Voici les différents courriers échangés récemment : 

 

Entre la CGT Metallurgie Dieuze et le Président de la République : 

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La réponse du Président : 

 

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Réponse du Premier ministre

 

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Entretien avec le Sénateur Philippe LEROY :

Vendredi 5 juin une délégation d'élus de personnel FICOMIRRORS à rencontré le Sénateur Philippe LEROY à sa permanence.

Lors de cet entretien, le sénateur a indiqué qu'il allait interpeller les politiques de tous bords de la Moselle, qu'il allait prendre rdv avec une personne de PSA à Paris afin de l'alerter à propos des préoccupations des salariés  et des représentants du personnel de FICOMIRRORS, FICOCIPA, SERIC et FICOSA France, concernant la perte d'importants marchés automobiles.


Il nous tiendra informé de ses démarches.

 

Le courrier d'Alain Marty, Député à Emmanuel Macron, Ministre de l'Economie : 

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François HollandeIl y a quelques jours, le maire de Dieuze, Conseiller Départemental du Saulnois écrivait au Président de la République pour alerter le chef de l'Etat sur la situation critique de l'entreprise dieuzoise Ficomirrors. 

Sous traitant du groupe PSA dont l'Etat est actionnaire, Ficomirrors, qui fabrique des rétroviseurs mais n'obtient plus les commandes escomptées en raison notamment des délocalisations de productions en Pologne, voit son avenir compromis.

A ce jour et malgré une réunion avec le Sous-Préfet et le Directeur de Ficomirrors Dieuze, aucune réponse n'est encore parvenue à l'Hôtel de ville.

 

Grain de sel s'est procuré le courrier adressé à François Hollande le 1er juin dernier : 

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delmeLes automobilistes seront peut-être surpris en découvrant sur les panneaux d'entrée de certains villages du Saulnois un crêpe noir et une annonce inquiétante annonçant que la localité traversée était en danger de mort ! Dans la presse régionale, on a vu aussi récemment nos élus brandir des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : l'Etat veut tuer notre village !

Le crêpe noir a été posé par le Maire qui souhaite alerter l'opinion sur les dangers du projet de loi portant sur la nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) 

Un projet qui sera voté à l'Assemblée Nationale en juillet prochain et qui affole nos maires ruraux qui voient leur influence se diluer au profit des intercommunalités. Des interco devront être composées de 20000 habitants minimum (ce qui est déjà le cas pour le Saulnois).

Ajouter à cela la baisse des dotations de l'Etat, la désignation des futurs délégués communautaires au suffrage universel direct et vous aurez les ingrédients pour le début d'une petite fronde des élus qui commence comme on le voit aujourd'hui par un signal...routier ! 

Dans quelques jours, le mardi 16 juin, les maires de Moselle monteront à Metz pour manifester dans les rues de la Préfecture leur mécontentement. 

Seront-ils entendus ? Font-ils l'unanimité auprès de leurs collègues. Rien n'est moins sûr. Certains élus qualifient cette bataille d'arrière garde et appellent de leurs voeux le développement des intercommunalités, seules capables de se battre économiquement et politiquement dans le monde d'aujourd'hui. 

On suivra de près sur Grain de sel l'évolution de ce dossier et on vous tiendra chers lecteurs au courant de son avancée.